Gireve s’est joint à l’association ChargeUp Europe pour défendre l’importance d’inclure le roaming dans l’AFIR (réglementation sur les infrastructures de carburants alternatifs), réglementation européenne qui façonnera la recharge publique des véhicules électriques en Europe pour la prochaine décennie.  

Lire le position paper de ChargeUp Europe 

ChargeUp Europe vient de publier une interview vidéo d’Eric Plaquet, PDG de Gireve, Christian Hahn, PDG de Hubject et Peter Badik, de GreenWay, pour approfondir la question.  

Dans cette interview, les intervenants expliquent ce qu’est l’itinérance, quelle est la différence entre un modèle de souscription et le paiement ad-hoc et pourquoi les deux modèles doivent être intégrés dans l’AFIR.   

 

 

Qu’est-ce que l’itinérance ?   

 L’itinérance ou roaming est la possibilité, pour un conducteur de véhicule électrique, de se recharger sur plusieurs réseaux de recharge en utilisant un seul et unique badge ou une seule application mobile et de recevoir une seule facture à la fin du mois.  

Techniquement, les opérateurs de recharge, qui gèrent les réseaux de recharge, et les opérateurs d’e-mobilité, qui proposent des applications et des badges RFID, doivent être connectés entre eux directement ou par le biais d’une plateforme. Ils doivent également conclure des accords commerciaux pour activer la connexion technique et autoriser la recharge.   

Une fois que la connexion informatique est établie et que l’accord commercial est signé, le conducteur du VE peut facilement se recharger. Les opérateurs doivent juste maintenir les systèmes informatiques à jour et échanger les factures liées à leurs sessions d’itinérance.   

Nous pouvons faire l’analogie avec l’itinérance dans le secteur des télécommunications. Lorsque les utilisateurs passent un appel, ils peuvent utiliser plusieurs réseaux, surtout s’ils appellent depuis un autre pays. Mais ils reçoivent une seule facture de leur opérateur à la fin du mois.  

Nous pouvons dire que l’itinérance permet techniquement et commercialement de se connecter à de nombreuses bornes avec un seul fournisseur de services de recharge. 

Peter Badik (modérateur) – Membre du conseil d’administration de ChargeUp Europe et associé directeur général de GreenWay.  

 

Pourquoi utiliser une plateforme d’itinérance ?   

Les plateformes d’itinérance permettent aux CPO (opérateurs de points de recharge) et eMSP (fournisseurs de service de mobilité) de rejoindre un hub unique qui les connectera techniquement et commercialement à une multitude d’autres acteurs. Une plateforme d’itinérance permet à l’opérateur d’enrichir facilement ses services tout en limitant les coûts d’investissement.  

Les connexions techniques étant très lourdes à maintenir et le nombre de connexions augmentant chaque jour, l’utilisation d’une plateforme d’itinérance pour se connecter à des centaines de milliers de réseaux permet de limiter les coûts. Elle permet de gérer plus facilement la complexité technique et commerciale croissante et de faire face à des problèmes tels que la saturation des systèmes, les incidents informatiques, la protection des données, la cybersécurité, etc…   

Mais la plateforme d’itinérance est également importante pour préparer l’avenir du marché. En tant que hub au cœur même de l’écosystème, la plateforme d’itinérance a un aperçu du marché et des futurs services à développer. Les plateformes peuvent développer de nouvelles technologies et des connexions avec d’autres marchés pour ouvrir de nouveaux services tels que la recharge intelligente avec les acteurs de l’énergie, les MaaS avec les acteurs de la mobilité, ou le Plug and Charge avec les OEM, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités pour les opérateurs.  

 

Paiement ad-hoc vs modèle par abonnement 

L’itinérance implique un modèle par abonnement. Le modèle par abonnement est le fait que l’utilisateur souscrit un contrat à un fournisseur de services d’e-mobilité (eMSP) et utilise la carte ou l’application de l’eMSP pour recharger sa voiture dans différentes stations.    

Ce modèle est souvent comparé au paiement ad hoc qui consiste pour le conducteur à utiliser sa carte de crédit pour payer sa session de recharge directement à la station.    

Nous pensons que le paiement ad-hoc est une bonne solution de secours pour les conducteurs qui n’ont pas d’abonnement, mais il ne peut pas être la seule solution car il empêche d’offrir les services qui viennent avec l’abonnement. Un conducteur sans abonnement pourra recharger sa voiture et payer avec sa carte de crédit, mais il ne pourra pas vérifier l’évolution de sa recharge, réserver une station à l’avance, ni bénéficier de prix flexibles et de services personnalisés. Les deux options devraient donc être mises en œuvre par l’AFIR.   

  

Pourquoi l’itinérance devrait-elle faire partie de l’AFIR ?   

Nous devons nous préparer pour demain. Lorsque des millions de conducteurs de VE prendront la route, le réseau devra être prêt à faire face à d’énormes demandes d’énergie. Pour éviter les pannes, les voitures électriques peuvent être utilisées comme solution de stockage de l’énergie. Des incitations peuvent être accordées aux conducteurs de VE par l’intermédiaire de leur opérateur, en proposant des prix plus avantageux pour la recharge lorsque la demande est faible.   

Dans cet écosystème, comme dans d’autres secteurs, des réglementations de base sont les bienvenues pour garantir l’accessibilité et la transparence, empêcher les verrouillages, la discrimination et les abus préjudiciables à l’utilisateur final. Sur la base d’un environnement ouvert permettant l’itinérance, le paiement ad hoc, les relations P2P, tous les acteurs seront libres d’accéder au marché et de se faire concurrence par les services, la qualité et le prix.