Jean-Marc Rives, CTO de la plateforme d'itinérance de GIREVE, parle de l'EVRoaming foundation et du protocole OCPI
GIREVE a rejoint cette année l’EV Roaming Foundation, entité qui héberge la gouvernance du protocole OCPI. Depuis 2018, GIREVE propose en effet deux protocoles ouverts pour la connexion des opérateurs à sa plateforme : le protocole eMIP créé par la plateforme, et OCPI. Nettoyage des données, alerting des partenaires en cas de problèmes qualité, suivi en ligne des contestations, valorisation, supervision des connexions : le protocole est au cœur des services proposés par la plateforme GIREVE. Jean-Marc Rives, Directeur Technique de GIREVE, nous explique pourquoi GIREVE se tourne vers les protocoles ouverts et les particularités du protocole OCPI.

Pourquoi promouvoir les services de la plateforme au travers de protocoles ouverts ?

Les protocoles ouverts permettent de réduire les couts de connexion à la plateforme GIREVE. Pour un opérateur disposant d’une connectivité OCPI, le coût de connexion à GIREVE est presque nul. Pour un opérateur qui n’en dispose pas, l’investissement de la connexion est optimisé puisque réutilisable. La réduction des coûts est un enjeu clé pour l’électromobilité, pour sa « durabilité » et son déploiement. C’est un enjeu qui doit profiter aux utilisateurs.

Au-delà du scope classique du roaming, la question du smartcharge va devenir centrale dans les années à venir.

Vous n’avez pas seulement mis en place le protocole OCPI sur votre plateforme, mais vous avez aussi rejoint le board de l’association en 2018 et êtes aujourd’hui Full contributor de l’EV Roaming Foundation. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?

OCPI est encore un protocole récent et il évolue dans un écosystème qui n’a pas encore atteint la maturité. Il faut trouver les moyens de faire vivre un standard qui apporte de l’efficacité par sa stabilité, tout en permettant l’innovation et le progrès. Trouver le bon équilibre entre standardisation et innovation.

La création de l’« EVRoaming Foundation » est un pas majeur qui devra permettre de faire vivre OCPI, dans la durée tout en garantissant une gouvernance ouverte, équilibrée et collective. Cette organisation devra améliorer et structurer le travail des contributeurs pour les focaliser sur les sujets clefs et améliorer leur représentativité et efficacité.

Enfin, nous utilisons le protocole OCPI de façon massive depuis 2 ans. Après ces années d’utilisation, et avec plusieurs millions de messages échangés quotidiennement, nous constatons plusieurs points à améliorer ou à corriger. Nous sommes en mesure de proposer des améliorations techniques, visant à améliorer la qualité de service et à réduire la complexité comme les coûts IT induits. C’est pourquoi GIREVE rejoint l’EV Roaming Foundation en tant que membre.

Vous mentionnez l’évolution du protocole : quelles sont les axes d’innovation selon vous ?

Nous sommes très intéressés par l’extension du périmètre fonctionnel du protocole. Les thèmes clefs concernent les questions de « multi-tenants », la sécurité des échanges, la prise en compte de 15118, les échanges liés au volet financier (CDR, valorisation, facturation et désaccords de facturation, paiement…), l’efficacité IT et la réduction de la charge de traitement. Au-delà du scope classique du roaming, la question du smartcharge va devenir centrale dans les années à venir.